Panneau de gauche

 

la Terre (Tellus) est assise sur un rocher avec deux petits enfants (putti).  Sa tête est ceinte d'une couronne d'épis de blé et de pavots.  Des fruits remplissent le pli de sa robe, des grappes de raisins et de grenades.  L'un des enfants jouent avec une pomme.  A ses pieds paissent un mouton et un boeuf.

Deux autres divinités dont le voile flotte en cercle entourent Tellus : ce sont les Aurae, les Brises.  La Brise terrestre assise sur un cygne, est à droite tandis que la Brise marin, sur un dragon de mer, est à gauche.

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Pour l'interprétation de ce panneau, vous pouvez proposer à la lecture, une strophe du Carmen Saeculare d'Horace (vv.29-32) :

Fertilis frugum pecorisque tellus
spicea donet Cererem corona;
nutriant fetus et aquae salubres
et Jouis Aurae

Que la Terre, mère fertile des moissons et du bétail,
offre à Cérès une couronne d'épis de blé.
Que les eaux salubres nourrissent ses enfants
ainsi que les Brises, filles de Jupiter.

 

Cette lecture permet aux élèves :

  • de mettre en évidence le caractère maternel de la déesse au centre du panneau
  • de mettre en avant le symbolisme de la fécondité qui se voit aussi dans la couronne d'épis de blé et de pavots et aux fruits de son sein de même que dans le boeuf et le mouton qui complètent l'évocation à l'instar des Aurae qui apportent les pluies fécondantes.
Ce panneau peut-être rapproché du décor de guirlandes de l'intérieur de l'autel, mais aussi de sa décoration extérieure, des feuillages et des fruits qui foisonnent à l'intérieur des acanthes et des nombreux petits animaux qui y prolifèrent.  Quelques détails de ces décors ont été placés ci-dessous


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Sur le thème de la fécondité de la terre et de l'animation de la nature, vous pouvez lire  le début  du livre IV des Géorgiques (vers 10-15).

 

[4,10] ferre domum prohibentneque oues haedique petulci
floribus insultent aut errans bucula campo
decutiat rorem et surgentes atterat herbas.
Absint et picti squalentia terga lacerti
pinguibus a stabulis meropesque aliaeque uolucres
et manibus Procne pectus signata cruentis;
omnia nam late uastant ipsasque uolantes
ore ferunt dulcem nidis immitibus escam.
At liquidi fontes et stagna uirentia musco
adsint et tenuis fugiens per gramina riuus,

[4,10] (car les vents les empêchent de porter leur butin chez elles), où ni les brebis ni les chevreaux pétulants ne bondissent sur les fleurs, où la génisse, errant dans la plaine, ne vienne point secouer la rosée et fouler les herbes naissantes. Loin aussi de leurs ruches onctueuses, les lézards bigarrés au dos écailleux, les guêpiers et autres oiseaux, Procné surtout qui porte sur sa poitrine l'empreinte de ses mains sanglantes. Car ces oiseaux ravagent tout aux environs et happent au vol les abeilles elles-mêmes, douce pâture pour leurs nids barbares. Mais qu'il y ait là de limpides fontaines, des étangs verts de mousse, et un petit ruisseau fuyant parmi le gazon;

Pour mettre en rapport le relief de la déesse Rome avec celui-ci, vous pouvez proposer un extrait de l'Éloge de l'Italie